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Keith Haring
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Retour sur un artiste américain incontournable à l'occasion de l'exposition qui lui est consacrée du 22 février au 13 juillet 2008 au musée d'art contemporain de Lyon |
La simplicité est art
Artiste américain ayant marqué les années 80, Keith Haring symbolise, avec Warhol, la culture alternative de New York, cet art qui n'attend pas d'être au musée pour faire sens. Les œuvres de Haring descendent ainsi dans la rue, s'affichent dans le métro. Immédiatement reconnaissables par leurs couleurs vives et ce trait noir fort qui les soulignent, elles s'adressent à tous, sans distinction d'âge ou de classe sociale. Jamais artiste n'avait été aussi proche des enfants ... n'ayant jamais renié celui qui était en lui. Retour en quelques points sur le rapport de Haring à l'enfance
Un univers graphique percutant
Contrairement à beaucoup d'artistes contemporains, Keith Haring n'a pas fait de longues études pour concevoir son art. C'est auprès de son père qu'il apprit à dessiner étant enfant. Après une année à l'université de Pittsburgh en 78, Haring arrive à New York et s'inscrit à l'école d'arts visuels. Il écourtera sa deuxième année pour se consacrer à ses actions dans les couloirs du métro, qui lui vaudra quelques arrestations, mais surtout une réputation déjà conséquente pour ses 20 ans.
L'engouement des enfants pour Haring s'explique surtout par son univers graphique percutant. La simplicité des formes, la récurrence du bleu, du vert, du rouge et du jaune, la vivacité des couleurs, les contours précis et larges sont autant d'éléments qui permettent aux enfants d'entrer directement dans les œuvres d'une facilité qui n'est que de surface. En effet, Haring travaillait sans croquis ni ébauche et réalisait ses tracés à main levée, prouvant ainsi sa maîtrise technique.
Les motifs qu'il affectionne sont issus de sa culture télévisuelle, de ses BD, enfin de ce qui fait la culture populaire de son époque et trouve ainsi écho auprès des enfants et de ceux qui n'ont pas l'habitude d'aller au musée. Son univers s'articule autour de logos, pictogrammes, et personnages, dont Pinocchio et Mickey Mouse, qu'il détourna pour la plus grande joie des plus jeunes!
Le "bébé rayonnant" ("radiant baby") devient sa signature dès 1983. Il dira sur ce sujet: “L'année de mes 21 ans, j'ai passé l'été à enseigner l'art dans une maternelle à Brooklyn. C'est de loin l'été le plus gratifiant que j'ai passé de ma vie. Il n'y a rien qui me rende plus heureux que de faire sourire un enfant. La raison pour laquelle le bébé est devenu mon logo, ma signature, est que c'est l'expérience la plus positive, la plus pure que contienne l'expérience humaine. Les enfants personnifient la vie dans sa forme la plus joyeuse. Les enfants ne s'arrêtent pas à la couleur de peau, ils sont libres de toutes les complications, de la vénalité et de la haine qu'on leur instillera peu à peu par la suite.”
Les supports et matériaux utilisés sortent également d'un certain conformisme: il peindra aussi bien des cages d'ascenseur (au musée d'art contemporain de Bordeaux) que sur des toiles de vinyle. Les sculptures en émail ou en or blanc (église Saint Eustache, Paris), les toiles de 27 mètres sur lesquelles les enfants sont mis à contribution font aussi partie du travail de l'artiste, sans oublier les divers objets comme les jouets ou le mobilier.
L'art s'adresse à tous
Au-delà de l'excellence artistique, Keith Haring marqua son époque par sa volonté d'ouvrir l'art à tous. Il déclara d'ailleurs en 1984: " Il m'est apparu de plus en plus clairement que l'art n'est pas une activité élitiste réservée à l'appréciation d'un nombre réduit d'amateurs, mais qu'il s'adresse à tout le monde, c'est dans cette voie que je continuerais d'œuvrer".
C'est pourquoi, au cours de sa carrière fulgurante qui ne durera que dix ans, il travaillera principalement face à son public, que ce soit dans les couloirs du métro, dans les orphelinats, les hôpitaux, ou les centres spécialisés pour enfants.
S'il exposera dans des galeries du monde entier, il développera en 1986 les "pop shops" pour permettre à tous d'apprécier son travail. Ces magasins ont un concept simple: on y trouve des produits dérivés de ses œuvres sur des T-shirts des pins, des posters, et même des jouets! A noter que s'il se présente comme le précurseur du merchandising moderne, l'ensemble de ses bénéfices étaient reversés à des œuvres caritatives.
Une partie de son travail s'articule autour de la mort et de la sexualité, en lien avec sa lutte contre le SIDA, étant lui-même porteur de cette maladie à laquelle il succombera le 16 février 1990. Mais la majorité de ses œuvres s'adressent à tous et à toutes.
CDC
Publié le 26/02/2008
  
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