William B. Pordobell, dit Willy Le Borgne
Son bateau :
Les Goonies (1985)
Membres d’équipage : Sean Astin, Josh Brolin, Corey Feldman…
A partir de 8 ans Même réduit à l’état de squelette, Willy Le Borgne continue de veiller jalousement sur son trésor, caché au cœur de son galion. Un trésor qui s’avèrerait justement très utile aux jeunes habitants d’Astoria, dont les familles sont menacées d’expulsion par un promoteur inhumain et sans scrupule (un promoteur, donc). Leur seul espoir : une vieille carte au trésor, également convoitée par les Fratelli, des bandits italo-américains aussi futés qu’un duo de mules…
Ecrit et produit par Spielberg (qui tourna lui-même une scène du film, mais nul ne sait laquelle), le film est tout simplement ce qui s’est fait de mieux en matière de divertissement familial dans les années 80. Devenu culte pour toute une génération, il possède une particularité audacieuse : le bateau du film est 100% authentique, du mât à la coque !
Thomas Bartholomew Red, dit Le Capitaine Red
Son bateau :
Pirates (1986)
Membres d’équipage : Walter Matthau, Cris Campion, Damien Thomas…
A partir de 10 ans Presque vingt ans après avoir magistralement pastiché le genre horrifique avec Le Bal des Vampires, Polanski rend ici hommage au swashbuckler, un genre plus connu au pays du camembert sous l’appellation « film-de-pirates-redoutables-mais-gentils-qui-virevoltent-dans-des-collants-moulants ». On y suit les aventures mouvementées du Capitaine Red et de son jeune mousse français La Grenouille, recueillis sous un soleil de plomb par un galion espagnol… Pour la péninsule ibérique toute entière, c’était l’erreur à ne pas commettre !
Drôle et irrévérencieux sans jamais être vulgaire ou dériver hors des limites du divertissement tous publics (bref, tout l’inverse de L’Ile aux Trésors version Alain Berbérian, navet intergalactique sorti en 2007), le film de Polanski ravira les 10 – 12 ans déjà conquis par les tribulations de Jack Sparrow et Cie. En prime, Polanski nous offre une belle perle d’humour avec la réplique lancée par Boomako au moment de sa mort ; une simple ligne de dialogue devenue instantanément culte !
Le Capitaine Crochet
Son bateau :
Hook, ou la Revanche du Capitaine Crochet (1991)
Membres d’équipage : Dustin Hoffman, Robin Williams, Julia Roberts…
A partir de 6 ans Dans cette variation inventive sur le récit intemporel écrit par J.M. Barrie, Steven Spielberg imagine ce que serait devenu un Peter Pan (Peter Banning, pour les adultes) qui aurait – ô malheur – oublié son enfance. Cerise sur le crochet, celui-ci est devenu un avocat d’affaire modèle : terne, ennuyeux et aussi jovial qu’une notice de montage IKEA. Mais lorsque le Capitaine Crochet, revanchard, fait irruption dans son monde et kidnappe ses enfants, Peter se voit contraint de redevenir le héros qu’il était jadis…
De l’aveu même de Spielberg, il s’agirait là de son pire film en tant que réalisateur. Si l’on apprécie la modestie du génie de Cincinnati, on n’est pas forcément d’accord avec lui : malgré ses défauts évidents (beurk ! les vilaines couleurs, beurk ! les scènes d’une niaiserie parfois insupportable, beurk ! la chanson « When You're Alone », beurk ! les décors, etc.), le film transmet une indéniable magie et reste l’une des plus belles odes à l’enfance jamais filmées. En gestation depuis 1985 (époque où le projet n’était encore qu’une comédie musicale écrite par le compositeur John Williams), Hook voit en outre défiler une sacrée brochette de guest-stars : Bruce Willis, Glenn Close, George Lucas et bien d’autres ! A vous de les reconnaître sous leurs maquillages de pirates…
Son autre bateau :
Peter Pan (2004)
Membres d’équipage : Jeremy Sumpter, Jason Isaacs, Ludivine Sagnier…
A partir de 6 ans Beaucoup plus proche du récit original, le film de P.J. Hogan (un spécialiste de la comédie romantique douce amère, à qui l’on doit Le Mariage de Mon Meilleur Ami ainsi que l’excellent Muriel) perd en magie ce qu’il gagne en émotion, et nul ne s’en plaindra. Car Hogan, intelligemment, prend le risque de freiner de temps en temps le rythme trépidant de ces aventures féériques, s’accordant quelques pauses pour mieux creuser la psyché de ses personnages. On vous rassure, ce n’est pas non plus du Bergman, et le Capitaine Crochet est toujours aussi infâme !
Cette nouvelle jeunesse insufflée à Peter Pan fait en outre office de révolution, et pas seulement dans le Pays Imaginaire : première version non-animée depuis l’avènement du cinéma parlant (1927, ça date), c’est également le premier film dans lequel le rôle de Peter Pan n’est pas tenu par une fille ! Certes, il y avait bien un téléfilm russe en 1987, mais l’objet reste aujourd’hui introuvable… A noter que le film est dédié à la mémoire de Dodi Al-Fayed, fils de Mohamed Al-Fayed. Pourquoi ? Tout simplement parce-que ce dernier n’est autre que le producteur exécutif du film de P.J. Hogan, un poste occupé par son défunt fils sur le Hook de Spielberg !
Morgan Adams Son bateau :
L’Ile aux Pirates (1996)
Membres d’équipage : Geena Davis, Matthew Modine, Frank Langella…
A partir de 10 ans Lorsque le redoutable flibustier Harry le Noir meurt, sa fille Morgan hérite du bateau familial et se retrouve ainsi à la tête d’une meute de pillards patibulaires, mais au fond doux comme des agneaux. Partie sur les traces d’un trésor légendaire, elle devra affronter la horde de vauriens menée par son oncle Dawg, qui n’est autre que le meurtrier de son père… Pas très cool, le tonton !
Drôles et mouvementées, les aventures de ce joli pirate en jupons n’ont en fait qu’un seul défaut : celui d’avoir débarqué au cinéma bien trop tôt ! Car en 1996, les Pirates des Caraïbes n’effrayaient encore que les touristes de Disneyworld, et le public avait depuis longtemps oublié l’importance du film de piraterie dans la construction du mythe hollywoodien. Résultat : un flop magistral au box-office, doublé d’une entrée dans le Livre Guinness des Records, catégorie « plus grosse banqueroute pour une société de production de films » ! Extrêmement inventif et ludique, le film contient pourtant la plus improbable cascade de l’histoire du cinéma : celle où Geena Davis saute à travers une fenêtre, roule sur le toit d’un bâtiment en contrebas et atterrit enfin sur une calèche lancée à vive allure… Et oui, Madame a la classe !
Cheung Po Tsai, dit L’Amiral, et la Reine Ching Shih
Leur bateau :
Dr Wong et Les Pirates, alias
Il était Une Fois en Chine – V (1994)
Membres d’équipage : Kent Cheng, Man Cheuk Chiu, Rosamund Kwan…
A partir de 10 ans Même s’ils ne sont pas nommés ainsi durant le film, ces deux figures de la piraterie orientale ont servi de modèles pour les personnages hauts en couleurs qui peuplent ce cinquième volet de la saga Il était Une Fois en Chine. Ecumant les mers au début du XIXème siècle, les deux amants terribles dirigèrent d’une main de fer près de 2000 navires de guerre, avant de faire la paix avec le gouvernement impérial, non sans avoir au préalable demandé (et obtenu) une place confortable au sein de la « jet-set » chinoise de l’époque…
Après quatre épisodes à la qualité de plus en plus discutable, Tsui Hark reprend les commandes de la saga qu’il a contribué à populariser, injectant toujours plus d’humour et de combats à un script pourtant déjà bien alléchant sur papier ! Confrontés à une bande de pirates redoutables, on retrouve donc tous les héros de la saga (dont l’incontournable Pied Bot et ses coups de pieds anthologiques), plus unis que jamais dans une aventure qui les conduira jusqu’au cœur d’une île truffée de grottes secrètes… Seul regret : l’usage par nos héros, et pour la première fois de la saga, d’armes à feu. Une petite faute de goût, mais qui ôte au film son statut de divertissement familial ultime. La fin d’une époque, en somme…
Bruno Mazzocchi
Publié le 24/05/2007