Des peluches, mais en taille XXL !
En dépit d’une taille qui force le respect, les géants du règne animal peuvent parfois être doux comme des agneaux. Enfin, à condition de ne pas venir leur chatouiller de trop près les doigts de pieds…
Dans L’Ours, réalisé par Jean-Jacques Annaud en 1988, le héros n’est autre qu’un adorable petit grizzly, devenu orphelin depuis la mort accidentelle de sa mère. Perdu au milieu d’un environnement plein de dangers qu’il n’est pas encore prêt à affronter seul, l’ourson va chercher protection auprès d’un redoutable ours solitaire, un gaillard vraiment pas commode mais qui devra bien malgré lui jouer les papas poules. Car dans la forêt toute proche, les chasseurs sont à l’affût…
Situé dans les décors somptueux de la Colombie Britannique du début du XIXème siècle, L’Ours possède une force émotionnelle rarement égalée dans le genre. Presque entièrement dépourvu de dialogues, le film est une formidable déclaration d’amour à la Nature, souvent drôle, mais qui n’oublie cependant pas d’en montrer les aspects les plus sauvages ; la scène de l’agonie du cheval risque ainsi de déboussoler les plus jeunes… Ponctué d’images inoubliables (le face à face entre l’homme et l’ours sous la cascade, magique), le chef-d’œuvre de Jean-Jacques Annaud reste néanmoins une bien belle leçon d’écologie pour toute la famille !
Réalisé par Simon Wincer, Sauvez Willy raconte quant à lui l’amitié entre
Jesse, un petit garçon mal dans sa peau et Willy, pas le frère d’Arnold mais un orque prisonnier du bassin d’un parc d’attraction. Entre les deux êtres que tout oppose (à commencer par le régime alimentaire !), c’est le début d’un parcours initiatique et d’une course pour la liberté semés d’embuches…
Suivi de deux séquelles dont l’intérêt va en déclinant, Sauvez Willy force le respect dans sa capacité à transformer un sujet à priori destiné aux jeunes enfants en un film adulte, à la portée philosophique pleinement assumée. Doté d’un casting solide (le jeune Jason James Richter est excellent) et d’un scénario irréprochable, le film est le parfait exemple du spectacle familial intelligent. Une réussite endeuillée par la mort en 2003 de Keiko, l’orque star du film, des suites d’une pneumonie dans un fjord de Norvège. Repose en paix l’ami !

Jungle Boogie
1920, au fin fond de la jungle cambodgienne. Deux tigres naissent au
milieu des temples d’Angkor, loin de toute civilisation. Capturés par des trafiquants, les deux jeunes fauves vont être séparés et vendus, l’un à cirque, l’autre à un prince. Des années plus tard, ils se retrouvent par hasard et décident de s’enfuir…
Avec Deux Frères, Jean-Jacques Annaud retrouve l’univers du long-métrage animalier, seize ans après L’Ours. Tourné presque sans aucun effet spécial (excepté un poisson rouge numérique !) et dans les décors naturels du Cambodge – ce qui nécessita pas mal de diplomatie pour convaincre le gouvernement du pays de fouler le sol de ces lieux sacrés, ces aventures diffèrent pourtant énormément de celles de notre bien-aimé plantigrade. Non seulement parce-que le film est cette fois-ci clairement destiné à un jeune public, avec un message écologique plus évident, mais surtout en raison de la place beaucoup plus (trop ?) importante apportée aux acteurs humains… Malgré tout, le charme agit et le dépaysement est total !
On reste dans la grande famille des félidés avec Duma, réalisé par Carroll Ballard en 2005. Dans le ranch de ses parents au Kenya, le jeune Xan apprivoise un petit guépard ; l’enfant et l’animal deviennent vite inséparables, ce qui causera bien évidemment d’assez gros problèmes domestiques…
Avec tout juste ce qu’il faut d’action, d’aventure et de paysages somptueux, ce sous-estimé Duma ne peut que nous faire regretter son plantage cuisant au box-office, conséquence d’une promotion effectuée dans le plus stricte anonymat. Profitez donc de l’occasion qui vous est offerte de faire découvrir ce petit bijou à vos enfants en DVD, car ils ne seront pas prêts de l’oublier… ni vous non plus d’ailleurs!

Entre chiens et loups…
On le sait tous depuis longtemps, le chien est le meilleur ami de l’homme, et réciproquement. Des amis si fidèles qu’ils n’hésitent d’ailleurs pas à braver tous les dangers au nom du lien affectueux qui les unit. Dans Antartica, prisonniers du froid, réalisé en 2006 par Frank Marshall, ce sont ainsi huit chiens de traîneau qui se retrouvent séparés de leurs maîtres suite à un terrible accident. Livrés à eux-mêmes au cœur de l’hiver polaire, nos braves toutous vont devoir lutter pour leur survie, tout comme les humains partis à leur recherche…
Adapté du long-métrage japonais original de 1983, le film est surtout inspiré de l’histoire vraie survenue à une expédition nippone en 1957, ce qui renforce d’autant plus son impact émotionnel ! Entraînés durant trois mois par - 90°, les chiens sont les véritables stars du film, remportant instantanément l’adhésion dès qu’ils apparaissent à l’écran. Emouvant, visuellement splendide et doté d’une intrigue solide, le film est un véritable conte écologique familial, tout aussi divertissant qu’instructif. Cerise sur le husky, ses paysages glaciaires sauront rafraîchir vos chaudes soirées d’été. Alors tous à vos DVD !
Enfin, signalons la sortie prochaine du nouveau film de Luc Jacquet, ex-ambassadeur du peuple manchot, intitulé Le Renard et L’Enfant. Récit presque onirique de l’amitié entre une petite fille et un renard, le film nous promet une nouvelle incursion pleine de poésie au plus profond de la Nature et de ses petits secrets bien gardés…
Bruno Mazzocchi
Publié le 13/07/2007