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L’arlésienne du cinéma d’animation nippon enfin visible en France! On y croyait plus! |
Wataru, onze ans, cherche le moyen de fuir à tout prix une dure réalité familiale. Lorsqu’un fabuleux coup du sort lui offre la possibilité de pénétrer dans un autre univers pour y trouver un mystérieux artefact capable d’exaucer tous ses vœux, il n’hésite pas une minute et plonge dans l’aventure ! Sur son chemin, il apprendra à affronter ses démons intérieurs avant de se voir attribuer une mission autrement plus importante : sauver ses parents de leur propre perte, et rétablir l’harmonie au sein de la famille… De quoi faire ressembler les douze travaux d’Hercule à un simple jogging matinal !
Inspiré du roman de Miyuki Miyabe, lui-même adapté en manga (15 volumes à ce jour) par Yoichiro Ono, le film partage bien évidemment de nombreuses similitudes avec Le Voyage de Chihiro, auquel il emprunte non seulement le postulat de départ (un jeune enfant devient le héros d’un monde féérique, dans lequel le moindre de ses choix aura une influence sur l’équilibre de la cellule familiale) mais aussi une qualité graphique irréprochable, associée à une musique épique et parfaitement adaptée.
Mais la ressemblance avec le chef d’œuvre de Miyazaki s’arrête là. En effet, le film se retrouve malheureusement vite handicapé par une héroïc-fantasy classique et truffée jusqu’à plus soif des passages obligés du genre (le voyage initiatique du héros, la quête d’une arme secrète, des objets magiques à récupérer en chemin, etc.), dépourvus ici de tout sens métaphorique. Résultat : la sortie mondiale du film a été sacrifiée sur l’autel du « businessement logique » sans aucun remord. Dommage, car le dénouement du film, porteur d’un message humain profond et traité avec le plus grand sérieux, aurait mérité une toute autre considération.
Toutefois, la France fait figure de privilégiée puisque un courageux distributeur (Eurozoom pour ne pas le nommer) devait sortir le film en salles le 19 septembre prochain, si d’ici là la bataille des droits est terminée… Ghibli peut donc néanmoins dormir encore longtemps sur ses deux oreilles, la relève (artistique et commerciale) se fait toujours attendre !
Bruno Mazzocchi
Publié le 08/02/2008
