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Une romancière terrorisée par le monde extérieur décide un jour de se rendre à l’autre bout de la planète pour secourir une petite fille qu’elle ne connaît pas… Un acte aussi désintéressé méritait bien un grand film !
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Petite fille de 8 ans douée d’une imagination sans limite, Nim vit avec son père scientifique sur une île sauvage absente des cartes officielles. Entre ses amis imaginaires (surtout Alex Rover, aventurier fictif dont elle dévore les romans) et ses animaux de compagnie plutôt spéciaux (un iguane, un lion de mer et un pélican !), elle ne s’ennuie pas une minute. Mais lorsque son père disparaît en mer en pleine tempête, Nim se retrouve soudain seule et abandonnée. Une situation d’autant plus critique que son île se voit soudain menacée d’invasion par une meute de touristes friands d’exotisme ! Terrifiée, Nim parvient à convaincre le célèbre Alex Rover de voler à son secours, sans se douter un seul instant que la personne qui reçoit son appel à l’aide n’est autre qu’une romancière solitaire et totalement agoraphobe…
Déjà auteurs du très réussi Little Manhattan (histoire irrésistible d’un coup de foudre entre deux enfants de onze ans inscrits à la même école de karaté), Mark Levin et Jennifer Flackett possèdent un savoir-faire indéniable lorsqu’il s’agit de traiter avec humour les émotions les plus fortes dans le cadre d’un film familial. Habitué à réécrire ses scénarii et à les mettre en scène avec le regard d’un enfant de douze ans, ce duo bien rodé (et couple à la ville) livre ici une savoureuse comédie d’aventures, dans laquelle le moindre artifice ou effet de style s’efface pour laisser place à l’imagination la plus pure. A ce titre, la séquence d’ouverture du film, inspirée des livres animés pour enfants et intégralement réalisée à base de maquettes et de marionnettes en papier, synthétise à elle-seule l’esprit du film : ici l’imagination vagabonde sans limite, et tout ce qui va se produire à l’écran n’a pas forcément d’explication. Ou comment inculquer avec talent aux jeunes spectateurs l’art délicat de la suspension d'incrédulité…
Doté d’un rythme qui ne faiblit jamais, de décors de toute beauté et d’un casting quasi parfait (mention spéciale à la jeune et pétillante Abigail Breslin, déjà très remarquée pour son interprétation dans Little Miss Sunshine), L’Ile de Nim reste surtout, durant les trois quarts du film, l’illustration d’une relation pleine de tendresse entre un père et sa fille, que les aléas de la vie ont définitivement isolés, au sens propre comme au figuré. Et lorsque l’imaginaire (voire le fantastique) surgit, ce n’est finalement que pour combler les quelques trous qui parsèment une cellule familiale ressemblant de plus en plus à un gruyère affectif. Dommage toutefois que la thématique clé de l’absence de la mère (au cœur de toutes les scènes du film) soit balayée lors du dénouement par un substitut narratif plutôt facile et assez naïf… Hormis cette petite faute de goût, cette adaptation de l’œuvre de Wendy Orr tient toutes ses promesses et constitue un divertissement aussi rafraîchissant qu’intelligent.
Pliez donc rapidement vos bagages et préparez-vous à accoster sur L’Ile de Nim en famille, car le souvenir que vous en garderez se révèlera vite indélébile !
Bruno Mazzocchi
Publié le 10/04/2008


L’Ile de Nim
2008, USA
De Jennifer Flackett & Mark Levin, avec Gerard Butler, Jodie Foster, Abigail Breslin…
D’après le roman de Wendy Orr
Genre : aventures paradisiaques
Durée : 1h40
Au cinéma le 9 avril – à partir de 7 ans
SND
Site officiel