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Astérix aux Jeux Olympiques

Astérix aux Jeux Olympiques C’est bien connu, la plus grande peur des Gaulois était que le ciel leur tombe sur la tête. Plus de 2000 ans après, le cinéma français confirme leurs craintes : les gags volent effectivement très bas…

Lorsque le jeune bellâtre gaulois Alafolix, fou amoureux de la princesse grecque Irina, décide de parcourir à pied le chemin qui le mènera au palais de sa belle, il n’imagine pas un instant que son périple va être pour tout son village le début d’une formidable odyssée… sportive ! Promise par son père à Brutus, le fils de César, la jolie Irina va en effet tenter d’influer son destin en choisissant d’épouser le vainqueur des prochaines Olympiades. Seul petit problème : Alafolix a tout d’un poète, mais rien d’un sportif ! Heureusement pour lui, les deux plus valeureux Gaulois du village, Astérix et Obélix, décident de venir lui prêter main forte. A grandes doses de potion magique, bien évidemment !

Prétendre que ce troisième volet des aventures de nos moustachus préférés était attendu au tournant est un doux euphémisme, tant ses détracteurs autant que ses aficionados avaient depuis longtemps coché la date du 30 janvier 2008 sur leurs agendas. Après les 9 millions de spectateurs du premier opus (très médiocre) signé Claude Zidi et les 15 millions d’entrées de sa séquelle (relativement plus réussie) mise en scène par Alain Chabat, Astérix aux Jeux Olympiques marque en outre une date dans l’histoire du cinéma mondial, puisqu’il s’agit ici du plus gros budget jamais attribué à un film de langue française, avec plus de 80 millions d’euros investis dans la marmite. Bienvenue à Gaulywood ! Bon, les chiffres c’est bien, mais la qualité dans tout ça ?

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Si l’annonce de sa présence au générique plusieurs mois auparavant avait fait naître pas mal de doutes quant à sa crédibilité dans le rôle, il faut bien avouer que le choix d’Alain Delon dans la toge de César reste la meilleure idée du film ! A ce titre, le long monologue d’autocongratulation qui accompagne sa première apparition (et lors duquel l’acteur cite en une tirade savoureuse tous les principaux films de sa carrière) deviendra à n’en pas douter une scène culte du cinéma français… Dans la peau de Brutus, Benoît Poelvoorde tire également son épingle du jeu, tout comme les quelques guest-stars convoquées pour l’occasion (Franck Dubosc et Francis Lalanne en bardes barbants, Alexandre Astier en centurion dépassé ou encore Elie Semoun en juge pas si incorruptible que ça…). Revers de la médaille : l’humour est si référentiel et télévisuel qu’il risque de laisser sur le banc de touche les néophytes, à commencer par les plus jeunes spectateurs auxquels le film est théoriquement destiné ! Or ce n’est pas, et de loin, le pire de ses défauts…

Si un effort considérable a été fait au niveau des décors et de la photographie, le scénario de ce nouvel opus de la saga Astérix (pourtant écrit à quatre paires de mains !) souffre des mêmes défauts que ses prédécesseurs : poussif, incohérent et écrit avec un mépris des règles élémentaires de la dramaturgie qui force le respect. A tel point qu’on le croirait écrit par Idefix en personne, au lendemain d’une cuite canine carabinée…  Conçu uniquement pour brosser l’orgueil national dans le sens du poil (une tare absente de l’excellent album homonyme dont est tiré le film), le long-métrage du duo Thomas Langmann & Frédéric Forestier comporte ainsi un nombre incalculable de scènes d’une indigence rare, devant lesquelles on est presque tenté de s’enfoncer du pop-corn dans les oreilles pour s’épargner au moins le son. Côté effets spéciaux, le désastre est complet : les sangliers ont l’air toujours aussi faux, les cascades feraient passer celles de L’Inspecteur Derrick pour du Matrix et les bagarres en tout-numérique semblent provenir d’une époque où Bill Gates bricolait encore dans son garage. Bref, vous l’aurez compris, le naufrage est total.

Alors oui, on aimerait pouvoir défendre ce qui reste (sur le papier) la production européenne la plus ambitieuse à ce jour, comme on aimerait ne pas trop saper le moral de Clovis Cornillac, l’un des acteurs français les plus talentueux de sa génération. Mais devant un désert artistique aussi aride, toute la bonne volonté du monde ne saurait transformer le sable et la caillasse en eau…

Bruno Mazzocchi



Publié le 31/01/2008


7 et 8 ans9 et 10 ans11 et 12 ans

Astérix aux Jeux Olympiques
2007, France
D’après les personnages créés par René Goscinny et Albert Uderzo
De Thomas Langmann & Frédéric Forestier, avec Clovis Cornillac, Gérard Depardieu, Alain Delon…
Genre : bande dessinée live
Durée : 1h53
Au cinéma le 30 janvier
Pathé Distribution

Site officiel


La Chronologie d’Astérix :

50 avant JC : « Toute la Gaule est occupée par les Romains. Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur… »

1926 : Naissance de René Goscinny
1927 : Naissance d’Albert Uderzo
1959 : Création du personnage d’Astérix le Gaulois

1961 : Astérix le Gaulois
1962 : La Serpe d'or
1963 : Astérix et les Goths
1964 : Astérix gladiateur
1965 : Le Tour de Gaule d'Astérix
           Astérix et Cléopâtre
1966 : Le Combat des chefs
           Astérix chez les Bretons
1967 : Astérix et les Normands
          Astérix légionnaire
          Sortie du dessin animé Astérix le Gaulois
1968 : Le Bouclier arverne
          Astérix aux Jeux Olympiques
          Sortie du dessin animé Astérix et Cléopâtre
1969 : Astérix et le chaudron
          Astérix en Hispanie
1970 : La Zizanie
          Astérix chez les Helvètes
1971 : Le Domaine des dieux
1972 : Les Lauriers de César
          Le Devin
1973 : Astérix en Corse
1974 : Le Cadeau de César
1975 : La Grande Traversée
1976 : Obélix et compagnie
          Sortie du dessin animé Les Douze Travaux d’Astérix

1977 : Mort de René Goscinny

1979 : Astérix chez les Belges
1980 : Le Grand Fossé
1981 : L'Odyssée d'Astérix
1983 : Le Fils d'Astérix
1985 : Sortie du dessin animé Astérix et le Surprise de César
1986 : Sortie du dessin animé Astérix chez les Bretons
1987 : Astérix chez Rahàzade
1989 : Sortie du dessin animé Le Coup du Menhir
1991 : La Rose et le glaive
1994 : Sortie du dessin animé Astérix et les Indiens
1996 : La Galère d'Obélix
1999 : Sortie du film Astérix et Obélix contre César
2001 : Astérix et Latraviata
2002 : Sortie du film Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre
2005 : Le ciel lui tombe sur la tête
2006 : Sortie du dessin animé Astérix et les Vikings

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